« Dans mon esprit, la
pop est l’expression d’un bonheur teinté
d’amertume ; le rock est presque l’inverse
: une rage, qui engendre une jouissance libératrice
», nous dit David, dans un moment richement
dialectique. Nous voici donc sur le versant pop
de l’artiste.
Cet album comprend des chansons écrites
de 1997 à 2003, parmi les plus belles qu’il
ait composées. Des influences soul (Pull
Lover, Ni fleurs ni couronnes) voisinent
avec des traces beatlesiennes (Viens vite,
Ciseaux et colle), une simple ballade avec
guitare (Tu t’appelles Reviens),
une élégie jazz que ne renierait
pas Woody Allen dans Radio Days (Une infusion
chaude), une danse brésilienne aussi
joyeuse que son texte est mélancolique
(le Mal qui me ronge), un hommage aux
séries noires (Sentimental zéro),
un rock obsessionnel et ténébreux
(Ton Cœur de pierre)…
David y est accompagné par une belle brochette
de musiciens israéliens : si vous ne les
connaissez pas encore, vous découvrirez le
jeu du guitariste Avi Singolda, du bassiste Avi
Ifrach, du batteur Asher Fedi, du saxophoniste-clarinettiste-flûtiste
Nitsan Ein-Habar, outre le vibraphoniste français
Franck Tortiller.
Côté visuel, le design graphique
est l’œuvre de Yasunori Inukai. C’est
lui qui met en scène David sous les traits
d’une figure de BD, tour à tour abandonnée
au nirvana où le mènent ses vieux
vinyles, super-héros volant au secours
d’une belle désemparée –
donc a priori reconnaissante – ou encore
savourant, d’un air pénétré,
une tasse de tilleul-sauge. C’est aussi
Yasunori qui a réalisé le blason
du chanteur, à la harpe du Roi David et
aux deux cerfs (Herschel), entre autres
symboles… Saurez-vous les déchiffrer
?
Eddy Chapelier
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